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Jean-François St-Arneault alias Arlekin

JiF | 18 juin 2007

Jean-François St-Arneault alias Arlekin.Arlekin est à l’image de son personnage — Pouète — un véritable paradoxe. Réservé de nature, il cherche pourtant le contact humain tant dans son activité professionnelle que dans sa manière de publier ses strips satyriques.

Cet auteur nous accueille dans son univers, où les promenades en forêt avec son chien sont la principale source de son inspiration.

JiF : De ton vrai nom Jean-François St-Arneault, tu vis au Canada et tu travailles pour le journal de ta ville, que peux-tu nous dire de plus sur toi ?

Vieil homme. Arlekin : Je travaille avec les personnes agées, depuis 10 ans (mon vrai métier). Père de famille de deux enfants, Xavier et Rose-Marie. Marié depuis 8 ans.

JiF : Et qu’en est-il de ce travail pour le journal de ta ville ? Un rapport avec tes dessins ?

Arlekin : En fait c’est le site Internet du journal local. Ils ont accepté de me publier car ils ont aimé mon style d’humour un peu éditorialiste.

Je suis dans la tradition du comic strip dans les journaux, mais version Web !

JiF : Quelles différences y a-t-il par rapport à ton activité sur ton blog ou sur Webcomics.fr ?

Arlekin : Assez peu, puisque je ne suis pas publié dans le journal papier, mais sur son site Internet. En fait c’est une chance car j’ai carte blanche et je ne suis pas contraint par des formats précis.

Chasseur des neiges. JiF : Est-ce rémunéré ou bien fais-tu cela bénévolement ?

Arlekin : C’est bénévole pour l’instant mais ça m’a ouvert d’autres portes : j’ai donné des conférence dans les écoles sur la BD.

JiF : Tu aimes le contact avec les autres, non (je pense à ton métier auprès des personnes âgées) ? Les plus jeunes comme les moins jeunes…

Arlekin : C’est un gros paradoxe dans ma vie : je suis un marginal qui est malheureux lorsqu’il est seul… Je crois que j’ai besoin de contact humain pour contrebalancer le travail d’hermite auquel la BD m’oblige.

JiF : D’un autre côté tu fais de la BD par passion. Donc cela signifie que tu as besoin des deux extrêmes pour trouver ton équilibre : grande solitude mais aussi grande activité sociale.

Arlekin : Exactement, je suis plein de paradoxes !

Enzo, chevalier en armure. JiF : Comment conçois-tu le fait de publier sur plusieurs sites à la fois ?

Arlekin : C’est un point de départ, j’ai déjà commencé à épurer, à publier sur moins de sites. Mais… en résumé c’est une façon de montrer que j’existe.

Chaque site amène un groupe de personnes, c’est aussi une belle façon de voir ce que les différents groupes pensent de ce que je fais. Bdamateur est une communauté bédéiste, mais ce que je fais doit aussi interresser les autres.

JiF : Tu recherches donc avant tout le contact avec un public, et pas forcément une reconnaissance sur un lieu unique bien identifié.

Arlekin : C’est ça. Je ne suis pas très fan des cercles fermés d’initiés.

Géant lourd. JiF : Tu dessines depuis l’âge de 14 ans, as-tu suivi une formation artistique ?

Arlekin : Aucune formation, j’apprends dans les livres !

JiF : As-tu des ouvrages à conseiller en particulier ?

Arlekin : L’Art de la BD, de Duc, aux éditions Glénat.

JiF : Quels auteurs admires-tu ? Quels auteurs t’influencent ?

Arlekin : Franquin pour le dessin, Bill Watterson pour l’univers de Calvin & Hobbs, Bilal pour son style éclaté.

JiF : Lis-tu aussi des webcomics ou des blogs-bd ?

Arlekin : Un peu, mais moins que je voudrais, la vie de famille ne me laisse plus autant de temps. Je regarde Comics.com tous les matins en me levant.

Démon d'infanterie. JiF : Tu es plutôt branché comic strips ?

Arlekin : En fait je préfère lire la BD franco belge. Mais le personnage de Pouète et ses réflexions se prêtait mieux à ce format. Je m’intéresse à tout et je touche à tout, manga, super héros, etc. Disons que pour l’instant c’est le style qui se prête le mieux à mon genre d’humour.

JiF : Ton héros, Pouète, est un petit extra-terrestre vert. Une manière de porter un regard de « bon sauvage » sur notre société contemporaine ?

Minotaure Arlekin : Avec le temps je remarque que Pouète est le symbole de mon incompréhension de l’homme en général. Je suis souvent un observateur silencieux, un marginal tranquille. En fait je suis beaucoup plus près de Pouète que de Jalbert!!!

JiF : La plupart des strips sont en noir et blanc, est-ce un problème de temps ou plutôt de préférence ? Tu parles de chercher un coloriste…

Arlekin : Oui, je n’ai pas le temps de faire la couleur. Etant un peu malhabile, je peux passer une semaine sur un strip, alors que je dois produire au moins trois strips semaines !

JiF : Tu préfèrerais qu’ils soient en couleurs ? Pour moi cela se tient très bien en noir et blanc en tous cas !

Jeep. Arlekin : C’est ce dont je me suis rendu compte. Au début je faisais du noir et blanc et les gens me l’ont reproché. Dernièrement Gif World a fait la couleur sur une planche et je me suis rendu compte que les gens la préféraient en noir et blanc. Pour la recherche de coloriste… Je n’attends donc pas de réponse sérieuse.

JiF : Comment travailles-tu pour imaginer les gags de tes strips ?

Le chien d'Arlekin Arlekin : En marchant avec mon chien 2 heures par jour. C’est une sorte de méditation dans la forêt avec mon chien. Après ma marche je reviens à la maison et j’écris.

JiF : Tu tiens un carnet avec des scénarios d’avance ?

Arlekin : Oui, j’en ai une dizaine d’avance. Donc les strips que je présente proviennent des idées que j’ai eu il y a un mois.

JiF : Tu pars donc d’une idée notée dans un carnet. Et ensuite ? Fais-tu des croquis préparatoires ? Comment le strip se concrétise-t-il sur le papier avant d’être scanné et mis en ligne ?

Arlekin : J’écris tout dans un cahier, par la suite je travaille environ 2h sur le découpage.

Ensuite je fais l’encrage au feutre à pointe fine et je scanne le tout. La partie informatique est minime : je suis de la vieille école !

JiF :Tu publies sur ton blog, et maintenant aussi sur Webcomics.fr. Seras-tu bientôt maitre du monde ?

Arlekin : Hé… J’avais averti au début du blogue que Pouète était un mégalomane assoiffé de pouvoir… J’ai perdu le contrôle. Attention à l’invasion verte !

Source: Webcomics.com (entrevue réalisé par JIF)

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Arlekin présente : Le monde selon Pouète

 

 

Arlekin présente : Le monde selon Pouète

 

Jean-François St-Arneault, alias Arlekin

 

 

 

“Pouète est né de trois triangles griffonnés sur le coin d’une table. Son créateur, Jean-François St-Arneault alias Arlekin, ne pensait jamais que ce petit bonhomme, venu d’une autre planète (on ne sait même pas laquelle), allait connaître autant de succès.

Il fait de la BD depuis qu’il a à peu près 14 ans. Ayant essayé différents styles, il a découvert qu’il était à l’aise avec le «comic strip» et s’est lancé. «C’est ce qui me ressemble le plus et ce que j’aime dessiner», souligne-t-il.

Et s’il a attendu jusqu’à aujourd’hui pour parler ouvertement de ses bandes dessinées, c’est qu’il se dit très exigeant envers lui-même et que ça ne fait pas très longtemps qu’il est satisfait de son travail.

Pouète est arrivé par hasard et c’est l’engouement des autres pour l’extra-terrestre qui fait en sorte que le petit bonhomme vert fluo est encore en vie.

Maintenant, Arlekin a décidé de se servir de Pouète afin de faire passer ses messages et sa vision du monde. Sur son blogue, qu’on peut voir au arlino.wordpress.com/, il propose, au fil de ses productions, ses bandes dessinées. «Je ne l’aimais pas ce Pouète au début. Je me disais que je pouvais faire beaucoup mieux. Mais dans mon entourage, il a connu du succès, si bien que tout le monde voulait que je lui en dessine un. Alors, quand on m’a suggéré d’en faire une bande dessinée, j’ai cédé à la pression sociale», ajoute-t-il.

Avec cette B.D, il aborde des thèmes sérieux et même éditoriaux, comme les accommodements raisonnables, pour ne donner que cet exemple, et d’autres fois, ses dessins sont tout simplement amusants. À d’autres moments, il fait aussi passer des réflexions plus philosophiques. «Je m’inspire beaucoup de l’actualité. De dessiner comme ça est pour moi un bon moyen de me défouler», a-t-il remarqué.

Mais qui donc est Pouète, se demande-t-on? «Je n’ai pas d’idée précise de ce qu’il est et où il va aller. Ça me permet de le diriger selon ce que les gens me demandent», raconte Arlekin. En effet, à la lecture de ses B.D, le dessinateur reçoit parfois des suggestions d’histoires. Mais il faut par exemple, que ça reste de bon goût. «Je me garde une petite gêne. Il faut que ça reste à un certain niveau, où je me sens à l’aise», ajoute-t-il.

Actuellement, ses B.D peuvent être vues sur son blogue mais le dessinateur rêve d’être un jour publié. «C’est bien certain que je ne dirais pas non si on me proposait une case dans un journal ou si on m’offrait de faire cela à temps plein. Mais pour le moment c’est pour le plaisir que je dessine», dit-il.

Les B.D font partie de sa vie, depuis longtemps et encore aujourd’hui, il peut en lire jusqu’à 6 par semaine, en plus du temps qu’il consacre à pour dessiner et de l’emploi qu’il occupe. «Je garde les pieds sur terre. Déjà, la fréquentation du blogue est au-delà de mes espérances», termine-t-il.”

 

Source: La Nouvelle

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